Tailler sa plante est un geste-clé pour accompagner la croissance et entretenir ses plantes. Pourtant, lorsqu’on débute le jardinage, on n’ose pas, de peur qu’elle ne repousse plus.

Je vais tâcher de vous déblayer le terrain, car comme vous, je me suis posée des milliers de questions. 

  • RAPIDE FOCUS SUR LE FONCTIONNEMENT D’UNE PLANTE.

Les racines puisent eau et sels minéraux dans le sol, et les font circuler dans les tiges par la sève.

Les feuilles, elles, transforment ces micro-nutriments en sucres avec la lumière du soleil, et transpirent. Ces échanges gazeux permettent à la plante de se développer d’un coup et de se préparer à la reproduction, la fameuse floraison. Lorsque le froid s’installe, la sève redescend dans le pied et les feuilles, moins alimentées en sève, jaunissent. Certaines plantes d’ailleurs perdent même tout leur feuillage, l’hiver.

En fait, les racines décident de la distribution et du stockage des minéraux. Elles sont en quelque sorte, le cerveau et le coeur de la plante. Tailler un tige ne met donc pas en péril une plante. Les végétaux vivent presque immobiles à la surface extérieure de notre Terre, nombre d’animaux viennent les grignoter ou casser leurs branches, donc pas d’inquiétude, ils sont rodées.

D’ailleurs, ne concluez pas à la mort d’une plante par ses tiges ! Taillez à ras et vous la verrez certainement repartir.

  • LA TAILLE DE RAMIFICATION.

On taille les jeunes plants pour qu’ils s’étoffent, c’est à dire pour qu’ils créent plus de branches.

En coupant une tige, la plante va créer deux ou trois départs de tiges, pour vous montrer qu’elle ne se laisse pas faire ! Tailler des jeunes vivaces est donc une façon de les stimuler face aux évènements extérieurs, tout en les densifiant

En règle générale, on peut tailler les vivaces une fois tous les deux, trois mois, pendant leur première année

=> Si votre jeune plante n’a qu’une tige, taillez-la à quelques centimètres du pied.

=> Si votre jeune plante a plusieurs tiges, vous pouvez la tailler au tiers ou moitié pour qu’elle déploie de nouvelles.

  • LA TAILLE D’ENTRETIEN.

À partir de la deuxième année, on réalise des tailles d’entretien en coupant à ras les branches mortes, chétives, malades ou qui se croisent… 

Généralement, on le réalise à l’automne, et/ou à l’arrivée du printemps. Tout dépend de l’objectif, par exemple, si votre plante est malade, il faut vite couper les branches pour éviter que la maladie se propage, et la traiter. Attendre ne sert à rien.

Le débroussaillage permet :

  • aux feuilles de bénéficier de plus de luminosité. 
  • à la plante d’économiser son énergie et de doper sa croissance sur ces tiges les plus prometteuses.

Pour les variétés comestibles, il est coutume de supprimer les tiges sans fleurs, pour que la plante focalise son énergie sur celles qui porteront les futurs fruits ou légumes. 

Pour les variétés aromatiques comme le basilic ou la menthe, on pince les hauts des tiges pour éviter la floraison (qui rend les feuilles plus fermes).

La taille permet ainsi d’optimiser la culture de certaines variétés. 

  • LES RÈGLES D’OR
  • On ne taille jamais avec une température autour de 0 degrés. 5 degrés, c’est mon seuil (je tiens compte de la température de nuit). En effet, nous avons vu qu’une taille appelle toujours la relance de la végétation. En période de grand froid, la sève stockée pour le printemps peut geler en remontant. Bref, c’est la cata quasi assurée: perte d’énergie pour votre plante, mauvaise végétalisation au printemps. 
  •  On taille pour un besoin précis et selon la météo/ saison. Vous pouvez tailler tout le temps, sauf en période de grand froid. Idéalement proche des beaux jours pour que votre plante reparte de plus belle, mais vous pouvez aussi tailler au début de l’automne si la météo est clémente, et que vous voulez ramifier votre plante, avant le printemps. 
  •  Si vous taillez plusieurs plantes, désinfectez vos ciseaux ou sécateur pour éviter de transmettre des maladies. 
  •  On taille au pied les branches chétives, mortes, ou en passe de devenir du bois mort, c’est-à-dire avec des tiges dont les feuilles sont jaunies et dont la base est dégarnie. Idéalement à l’arrivée du printemps, pour que votre plante ait le maximum de temps de se déployer. Il est probable de voir des débuts de pousses au niveau du pied.
  • On taille le haut d’une tige pour qu’elle se ramifie. De préférence en biais. Si vous voulez faire une bouture, coupez quelques millimètres au-dessus d’un nœud, c’est à dire à un départ de deux branches. (N’oubliez pas de garder qu’une feuille sur votre bouture, pour qu’elle dépense moins d’énergie et puisse développer rapidement des racines)
  • On taille les tiges avec des fleurs fanées car celles-ci se transforment en graines. C’est surtout pour ceux qui ont un jardin et ne veulent pas se laisser envahir par une variété. Nous, en ville, on a plutôt envie de laisser s’envoler des graines. C’est pourquoi on recommande d’enlever les fleurs fanées pour que la plante se remette à produire des fleurs (car elle veut des petits). Vous pouvez tailler au pied de votre plante, si celle-ci est bien très dense, ou alors de moitié, si vous n’avez pas trop de tiges.
  • Pour les fruitiers remontants, comme les framboisiers, taillez à partir de la deuxième fructification ( juin ou mars selon le mois de plantation). Rabattez (c’est-à-dire la taille à ras) les branches mortes, puis identifiez les branches qui fructifieront, vous couperez le haut en veillant à l’orientation du futur bourgeon. Voici une excellente vidéo pour vous y aider. https://www.youtube.com/watch?v=j6y4088H5ac

Enfin, observez votre plante, fiez-vous à votre jugement et expérimentez, vous apprendrez vite.  

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